un bout de réflexion
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He's back
Le voilà enfin de retour. Ca fait presque 3 jours que j'étais avec lui non stop, et ça m'a fait un bien fou. Nos retrouvailles ont été très émouvantes et très heureuses. Cette séparation n'a fait que renforcer nos sentiments et je trouve ça merveilleux. C'est vraiment chouette, cette histoire d'amour.
Par contre, ce qui est vraiment dur, c'est qu'il sort d'une expérience réellement traumatisante. Quand il en parle au téléphone ou à ses amis j'ai simplement les larmes qui montent aux yeux. Dans une prison à Bareïn, une des pires dictatures des émirats arabes. Des conditions d'hygiène monstrueuses (larves, insectes, saleté partout, moisissure), ne sachant pas ce qui lui arrivait, jamais informé de combien de temps il allait rester. Il était malade et on ne lui a jamais fait venir de médecin. Le premier soir, il était enfermé avec un héroïnoman en sevrage forcé qui avait des spasmes et vomissait partout. Ensuite, il a vu des gens à qui on venait juste de couper un orteil, d'autre en sang à cause de coups de fouets, un homme pendu par les pieds devant lui, et tous, prostrés, repliés sur eux-mêmes, traumatisés. Lui a eu de la chance d'être français et d'être là pour seulement quelques graines : il a seulement eu des coups de tazzer et électrochocs. Mais l'enfermement, trois jours, en mangeant à peine un repas par jours, sans pouvoir boire de la journée (ramadan oblige). Même quand il pouvait boire, l'eau n'était pas potable. Mais je crois que le choc psycologique est le pire : personne ne répondait à ses questions, il ne savait pas combien de temps il allait rester, il n'avait rien à faire, enfermé toute la journée dans une cellule crasseuse avec aucun moyen de s'occuper. Si il restait plus de trois jours, il savait qu'on allait lui raser la tête (il a les cheveux longs). Et bien sûr, pendant des heures le premier jour, il savait que j'étais entrain d'aller le chercher à l'aéroport et que je serais morte d'inquiétude. Le sentiment d'impuissance a dû être monstrueux.
C'est quelqu'un de fort et il s'en sort bien. Il a le moral, mais je sais qu'il a été profondément marqué par cette triste expérience. Il arrive qu'il se perde dans des pensées très sombres, je sais qu'il dort mal. Je ressens une telle tristesse et une telle compassion par rapport à tout ça que ça me mine aussi. Il ne méritait pas de vivre une chose pareille. Personne ne mérite ça. Et d'ailleurs je sais qu'il ne peut s'empêcher de penser à tous les prisonniers qui sont encore là bas, en particulier certains qu'il a rencontré et qui l'ont beaucoup aidé moralement. Je sais aussi qu'il ne sortira pas indemne. C'est impossible.
Alors je passe beaucoup de temps avec lui, je consacre toute mon énergie à m'occuper de lui, et personnellement je vis bien le truc. J'ai le bon rôle dans l'histoire parce que je sais que je lui fais du bien, et que ça ne menace en rien notre amour. Donc, ça va. C'est juste un peu dur de savoir toutes les pensées noires qu'il a dans la tête. Imaginer la souffrance qu'il a vécue me rend infiniment triste. Et révoltée. Et puis j'ai peur qu'il passe par une période de dépression a un moment ou à un autre, j'en ai très très peur. Mais j'imagine que même si c'est le cas, je serai là pour lui et ça se passera bien.
Par contre, ce qui est vraiment dur, c'est qu'il sort d'une expérience réellement traumatisante. Quand il en parle au téléphone ou à ses amis j'ai simplement les larmes qui montent aux yeux. Dans une prison à Bareïn, une des pires dictatures des émirats arabes. Des conditions d'hygiène monstrueuses (larves, insectes, saleté partout, moisissure), ne sachant pas ce qui lui arrivait, jamais informé de combien de temps il allait rester. Il était malade et on ne lui a jamais fait venir de médecin. Le premier soir, il était enfermé avec un héroïnoman en sevrage forcé qui avait des spasmes et vomissait partout. Ensuite, il a vu des gens à qui on venait juste de couper un orteil, d'autre en sang à cause de coups de fouets, un homme pendu par les pieds devant lui, et tous, prostrés, repliés sur eux-mêmes, traumatisés. Lui a eu de la chance d'être français et d'être là pour seulement quelques graines : il a seulement eu des coups de tazzer et électrochocs. Mais l'enfermement, trois jours, en mangeant à peine un repas par jours, sans pouvoir boire de la journée (ramadan oblige). Même quand il pouvait boire, l'eau n'était pas potable. Mais je crois que le choc psycologique est le pire : personne ne répondait à ses questions, il ne savait pas combien de temps il allait rester, il n'avait rien à faire, enfermé toute la journée dans une cellule crasseuse avec aucun moyen de s'occuper. Si il restait plus de trois jours, il savait qu'on allait lui raser la tête (il a les cheveux longs). Et bien sûr, pendant des heures le premier jour, il savait que j'étais entrain d'aller le chercher à l'aéroport et que je serais morte d'inquiétude. Le sentiment d'impuissance a dû être monstrueux.
C'est quelqu'un de fort et il s'en sort bien. Il a le moral, mais je sais qu'il a été profondément marqué par cette triste expérience. Il arrive qu'il se perde dans des pensées très sombres, je sais qu'il dort mal. Je ressens une telle tristesse et une telle compassion par rapport à tout ça que ça me mine aussi. Il ne méritait pas de vivre une chose pareille. Personne ne mérite ça. Et d'ailleurs je sais qu'il ne peut s'empêcher de penser à tous les prisonniers qui sont encore là bas, en particulier certains qu'il a rencontré et qui l'ont beaucoup aidé moralement. Je sais aussi qu'il ne sortira pas indemne. C'est impossible.
Alors je passe beaucoup de temps avec lui, je consacre toute mon énergie à m'occuper de lui, et personnellement je vis bien le truc. J'ai le bon rôle dans l'histoire parce que je sais que je lui fais du bien, et que ça ne menace en rien notre amour. Donc, ça va. C'est juste un peu dur de savoir toutes les pensées noires qu'il a dans la tête. Imaginer la souffrance qu'il a vécue me rend infiniment triste. Et révoltée. Et puis j'ai peur qu'il passe par une période de dépression a un moment ou à un autre, j'en ai très très peur. Mais j'imagine que même si c'est le cas, je serai là pour lui et ça se passera bien.
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