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un bout de réflexion

nos sentiments et reflexions au jour le jour
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Tribune

  • Indrea : je n'ai plus internet donc je ne risque pas d'écrire avant quelques temps...
  • Indrea : bon aller come back
  • BouddhaStorm : yeahhh
  • Indrea : je crois que je vais donner une nouvelle gueule au blog pour sa réouverture... celle là est un peu rétro ^^
  • Indrea : bon changements provisoire g pas le tps de finir
  • MooMooKa : Hey! Come back Baby! fin moi pas trop paske pas le temps (soli) mi bon contente ke ca ait repris ^^
  • Indrea : cool ^^
  • BouddhaStorm : bien la nouvelle mise en page
  • Gwenddydd : put***, ça fait bizarre de revenir ici...
  • Indrea : bordel, i'm back.
  • Indrea : en 2 nuits, je crois que j'ai fait un record en terme de nombre de mots publiés...
  • MangakaDine : Salut! Un petit lien vers un article colectif qui a pour but de virer les spams de Joueb, venez participer les amis ! [Lien]

Vendredi (22/07/11)
quand ça se reconstruit
Quand ça se reconstruit, il faut faire attention à ce que ça se reconstruise bien. Il ne faut pas laisser un défaut dans les fondations, négliger un pan de mur mur qui pourrira la construction pendant le reste de ses jours.

Je ne sais pas si je suis en phase de reconstruction, ou si au contraire j'achève la destruction histoire de pouvoir repartir de zéro. Je ne sais pas où j'en suis. Je pense que j'ai un instinct de survie assez développé qui me fait voir le positif quasiment tout le temps et qui me permet une grande adaptabilité. J'ai toujours su me conformer aux situations qui m'étaient imposées. Et aujourd'hui encore, je m'adapte de manière à ce qu'en surface, ça aille à peu près. Mes journées ne sont pas pénibles et je réfléchis quasiment pas à ce qui m'arrive. J'arrive à vivre outre.

Et c'est bizarre, quand même. Avec Flo qui est là en permanence, avec qui on s'entend bien, on partage nos derniers moments ensemble, en sachant que ça s'arrête dans 2 jours, et du coup on profite, on s'aime beaucoup. Mais on se quitte quand même. C'est bizarre, c'est le bug. On aurait sûrement pas dû faire comme ça, on aurait sûrement dû se quitter plus brutalement. Mais encore une fois, l'instinct de survie me parle, et me dit qu'il vaut mieux étaler la douleur mais permettre aux journées de se succéder, attendre le déménagement sans souffrir de la solitude. Echelonner le problème, prendre le temps de réaliser la fin proche en me consolant dans ses bras parce qu'il me quitte.

J'ai toujours voulu que les apparences soient sauves. Même si ça va mal, il faut que ma vie de tous les jours se tienne à peu près, de manière à ce que je ne sombre pas. Passer au jour suivant sans angoisse ni désespoir, en se mentant un peu peut-être, en faisant preuve de beaucoup de lâcheté.

J'aurais aimé avoir un caractère volcanique, le virer de chez moi avec violence, lui dire que s'il ne voulait pas de moi il n'avait qu'à aller se faire foutre, que je voulais plus jamais entendre parler de lui, l'insulter de tous les noms, et avoir une fierté suffisante pour ne plus jamais entrer en contact avec lui. Mais je n'ai pas ce caractère. Et je n'ai rien à lui reprocher, il a été franc et pris des précautions. Mais surtout, surtout, je n'aurais jamais eu le courage d'affronter ma solitude, du jour au lendemain, sans contre partie. Après plus de deux ans d'amour, le choc aurait été bien trop rude pour que je m'en relève sans dommage. Il était plus sage de se donner du temps, d'accepter son choix en espérant qu'il revienne en arrière, d'intégrer progressivement l'idée qu'il ne le ferait pas, mais pendant tout ce temps de ne pas être trop chamboulée dans mes habitudes et de pouvoir extérioriser ma douleur face à quelqu'un qui la comprend et qui sait comment la soulager. C'est un choix lâche, je repousse la difficulté au plus loin, je ne me montre pas fière et décidée, mais au moins je survis à mes journées. Je sais être triste, mélancolique, blasée, mais je ne supporte pas de rester coincer dans une douleur aigüe comme la jalousie ou le manque d'amour.
Ecrit par Indrea, a 23:31 dans la rubrique Indrea.
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Lundi (18/07/11)
quand ça s'écroule
Je pensais être à l'abri de l'écroulement. Mais je pensais aussi être plutôt fragile, vulnérable. Finalement, tout s'écroule, d'un coup, sans que je n'y comprenne rien. Mais je suis plus solide, plus intouchable que je ne l'imaginais. Ca va aller, en fait. Je pense que ça va aller.

Par où commencer. L'écroulement est assez soudain et profond. Commençons par mon père, que j'ai toujours considéré comme un rock, d'une stabilité absolue, d'une infaillibilité telle qu'on ne la remet jamais en cause. Méditation, tranquillité, stabilité. Et pourtant, son monde a lui s'est profondément écroulé (bien plus que le mien finalement) avec la perte de son travail, ses vieux démons ressortent, il est anéanti. Et je commence à me demander s'il va s'en sortir. La famille entière a perdu son calme plat et tranquille, tout est constamment remis en cause, tout se complique. Les choses changent, on se parle de nous, de nos sentiments, on casse une grande pudeur qui se manifestait par une certaine froideur. Mais tout est compliqué. Et mon père ne tiendra peut-être pas le choc. En tout cas rien ne sera jamais plus comme avant. Je viens d'une famille où il n'y a jamais de problème, jamais, jamais. Tout va toujours bien, le fond est toujours stable, on n'ébranle même pas la surface. Et maintenant je comprends à quel point cette famille, qui était tranquille et ne me posait pas de préoccupation, parfois même jusqu'à me causer une certaine indifférence, a joué un rôle fondamental pour ma stabilité personnelle. Je comprends mieux maintenant l'importance du cadre familial dans la construction individuelle, la prise de repères dans la vie. Et j'ai eu la chance d'avoir des repères d'une infaillible stabilité. Je suis assez grande, construite, pour endurer le choc maintenant. Ce n'est plus vraiment ma vie. Ca me touche, mais d'assez loin. Pour la première fois je m'inquiète d'être une préoccupation de plus pour mes parents. Pour la première fois de ma vie j'ai envie de partager avec eux mes problèmes et ma souffrance, pour la première fois j'en ressens l'envie, je voudrais partager plus intimement mon existence avec eux. La dépression de mon père aura eu cet impact positif pour moi et pour toute la famille, a mon avis. Et pourtant je vais mettre des barrières, ne pas trop dévoiler, leur faire croire que tout va bien, non plus parce que je ne veux pas qu'ils sachent, comme ça a toujours été le cas, mais parce que je ne veux pas être une préoccupation de plus. C'est bizarre, et il va falloir trouver un juste milieu.

Et ce chat. Et ce chat. C'est surement le moins grave de tout, mais c'est le petit baton qu'on enlève et qui fait s'écrouler tout l'édifice. J'ai l'impression que c'était un élément auquel je m'accrochais, pour continuer à être heureuse, et son départ m'a complètement anéantie. Depuis hier je n'ai plus envie de continuer, je suis fatiguée de continuer. Ca va revenir. Peut-être même qu'il va revenir, mais l'édifice est déjà écroulé, il faudra le reconstruire avec des fondements un peu plus sincères.

Il faudra que je dise à mes parents que j'ai perdu le chat. Rien que ça, ça m'inquiète. Comment leur dire a quel point le chat était important, sans leur causer de souci supplémentaire? Le chat était très important pour moi. Il est arrivé au moment clé. Il repart comme il est venu, il me laisse devant l'énorme vide qu'est devenue ma vie ces dernières semaines. Mon univers entier s'écroule. La où je vis. L'année que je devais passer. Mes études. Mes occupations, ma vie de tous les jours, tout doit changer.

Je ne sais pas si j'aurais la force aujourd'hui d'en arriver au sujet principal.

Je l'ai fait mais tout s'est effacé. Alors je vais le refaire en court.
- Flo me quitte. Raison : sans. Motif : ne se sent pas amoureux avec un grand A. Déclencheur : déclencheuse, pour laquelle il ne me quitte même pas. Fondement : éternelle insatisfaction, sensation de pouvoir vivre mieux, ou vivre pour de vrai, envie de changement, irritation d'être casé.
- Je vais me retrouver seule. Impression : personne ne m'aime. Chat parti, potes ne sont que des potes et me semblent très loin, famille qui s'écroule. Impossible de remplacer la complicité, le partage qui existait dans notre couple. Solitude, donc. Regagner de l'indépendance émotionnelle. Analyse : ce n'est peut-être pas plus mal.
- Je dois arrêter de m'accrocher à lui, de l'attendre, d'avoir envie qu'il rentre. Il ne peut plus être ma consolation, il y a un manque de cohérence. Un bug. Conséquence : se regarder en face, arrêter de pleurer dans ses bras, pleurer toute seule.

Parenthèse. Qu'est ce que je lui dois? Est-ce qu'il faut que la fin se passe bien? Est-ce que je dois faire des efforts? Est-ce que je n'ai pas le droit de le faire souffrir? En ai-je l'envie? Il a envie que je le remercie de sa gentillesse, de sa sincérité, de ses efforts pour que j'aille mieux. Il se jette des fleurs à ce sujet, et il faut que je me joigne à lui. Et c'est vrai qu'il fait des efforts, c'est vrai qu'il est là, c'est vrai que j'en ai besoin et que ça me fait du bien, ou du moins que ça m'apaise. Mais de là à l'en remercier, à être redevable de cette sincérité? Est-ce qu'il n'achète pas aussi sa bonne conscience, est-ce qu'il ne se soulage pas aussi en me soulageant? Est-ce que c'est un choix, de réels efforts de sa part, serait il en fait capable de faire vraiment autrement? Je disais ici même au début de notre histoire que son altruisme me paraissait très étonnant et admirable. Je le pense toujours. Mais il y a quelque chose qui me dérange dans ce discours du "je suis gentil et je fais le maximum pour que tu ailles bien alors sois-m'en reconnaissante". Je n'arrive pas à mette le doigt sur le problème que ça me pose. C'est vrai qu'il en fait beaucoup et que ce n'est pas facile pour lui. Mais j'ai l'impression qu'il fait tout pour me quitter tout en me montrant bien ce que je perds, que je garde une image idyllique de lui. Il serait incapable de se rendre détestable à mes yeux. Et en même temps c'est normal, je ne peux pas lui en vouloir de ça non plus. Non décidément, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Peut-être que c'est insupportable d'être redevable de quelque chose à la personne qui vous fait du mal. Le bug. Toujours le bug. Reprenons.

- le vertige, c'est à dire l'envie de tomber et la peur de le faire.

Je reprends la parenthèse. Personnellement, je suis moins dérangée que lui qu'il garde une bonne image de moi. Je n'ai pas hésité à lui avouer que j'avais regardé ses mails, alors que c'était inavouable. Je n'ai plus envie de lui paraitre aimante, parfaite. Je n'ai plus envie de lui donner envie de rester avec moi. Et je n'arrive pas à lui souhaiter avec toute ma sincérité d'être heureux. C'est plus fort que moi, j'aime à m'imaginer qu'il va finir par amèrement regretter son choix, qu'il va passer une mauvaise année, et ne pas rencontrer d'autre fille. Sur ce dernier point, c'est la jalousie qui parle, sur le reste, c'est que je ne suis pas quelqu'un de profondément gentil. Et que je ne trouve pas qu'il mérite que son choix soit récompensé. Parce que c'est un choix qui révèle selon moi son arrogance. Il pense mériter mieux que moi, pouvoir vivre sa vie plus à fond. Il me dit souvent que je suis plus amoureuse de lui que lui de moi, et se place par là au dessus de moi au niveau de la profondeur de sentiments, de la complexité du ressenti amoureux. Il a une certaine arrogance affective, voilà, je commence à mettre le doigt sur ce qui m'énerve. Non pas qu'il n'ait pas raison : il peut surement trouver mieux que moi, vivre sa vie plus à fond, être plus heureux. Mais moi aussi, et ça ne rentre pas en ligne de compte. Et dans l'état actuel des choses, je pense qu'il ressent une certaine satisfaction à garder le bon rôle dans notre séparation en s'occupant de moi.

Tout ça est bizarre, et parait pourtant assez naturel. Mais je me perds, alors j'arrête. Je ne suis pas sure que ce que j'écris a vraiment un sens.
Ecrit par Indrea, a 01:44 dans la rubrique Indrea.
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Samedi (22/01/11)
Inutilité chronique
franchement, en relisant à droite à gauche, je suis bien heureuse d'avoir mûri. Pourtant ces derniers temps j'étais très nostalgique de la période du lycée, toutes les conneries qu'on a fait, et puis ce groupe de potes que je voyais tous les jours, on se serrait les coudes et ça c'était génial.
Aujourd'hui qu'en est-il? On se voit moins, certains sont à Montpellier, d'autres ont des copines chiantes, chacun a ses petites occupations. On est toujours là les uns pour les autres, on s'aime encore plus qu'avant, mais ce n'est plus un soutient quotidien, ce n'est plus le lycée, ce groupe de quatre si soudé, tellement de délires et de gamineries que je regrette souvent. Je me sens vieille par rapport à cette époque. J'ai arrêté de faire la fête jusqu'à pas d'heures tous les week-end, d'être toujours partante pour toutes les soirées, toutes les drogues, toutes les conneries à faire, les fou rires. Je me fais chier en fait, avec les cours, je suis devenue tellement sérieuse, en trois ans...

Mais comme je le disais au début, je ne regrette pas d'avoir mûri. Je regrette le groupe de potes toujours présents. Mais je ne regrette pas ma vie de l'époque, je ne regrette pas Clem et toutes les difficultés qui allaient avec. En relisant ce que j'ai écrit à l'époque, je me rends compte à quel point c'était dur à vivre. Il y a un tel desarroi dans ce que j'écrivais à l'époque. Je ne savais même plus qui j'étais vraiment. Je me suis perdue pendant un temps.

En fait ce sont toujours des sujets sensible. Savoir ce que j'ai accepté, ce que j'ai voulu même, pendant deux ans. J'ai un peu honte et surtout j'ai mal pour moi même rétrospectivement. Parce que je ne m'en rendais pas compte.

Au final c'est pas si mal de vieillir. Je m'emmerde plus mais je souffre moins. Je ne peux pas concevoir moi-même cette période où tous les jours, je pleurais. Dans le métro, je pleurais, dans mon lit, dans les chiottes, tout le temps, presque tous les jours. Je ne savais même plus pourquoi, j'étais perdue. Et repenser à ça aujourd'hui est encore douloureux, je n'ai toujours pas réussi à tourner complètement la page de cette époque.

Heureusement, yavait les copains. Sans les copains, je n'ose imaginer. Et en même temps c'est ça que je regrette. Ils sont toujours là mais putain c'est plus pareil.

Que faire, que faire. Aujourd'hui c'est un peu la blase. C'est le vide, quoi. Je ne me suis pas arrêtée, avant les vacances, le taf, puis le Sénégal, puis les trois semaines de révisions intensives, et du jour au lendemain c'est fini, je suis chez moi et je n'ai rien de précis à faire, c'est déroutant.

Même le chat me fait la gueule, il n'aime pas la bétadine. En plus il me fait de la peine, parce que je le traumatise en lui trempant le pied dedans, il va se planquer mais en même temps il veut du réconfort, il a envie de calins mais il se méfie de moi parce que le bain de bétadine l'attend au tournant. C'est dur d'être un chat.

Allez, on avance, on met un pas devant l'autre, on ne sait pas bien où on va mais on y va, c'est déjà pas mal.

Nous pauvres jeunes, on a pas beaucoup d'avenir, d'autant plus quand on fait de l'Histoire. Alors on essaye de se détacher de l'idée qu'avoir un avenir doit être le but ultime de notre vie. Carpe diem, mais aujourd'hui n'est pas tout à faire satisfaisant, alors on ne sait plus trop, on se convainc que ce n'est pas trop grave (on se convainc?? ça s'écrit vraiment comme ça?????). Et puis on lutte mollement contre la rotation de la Terre, ça nous occupe un temps. Et si on était seuls au monde? Je ne sais plus trop ce que je raconte.

Malheureusement on ne peut pas mettre son cerveau en stand by quelques temps. Enfin si on peut, mais bon j'ai arrêté. Comment j'ai fais pour tout arrêter? Je ne fume plus de shit, je ne prend plus de drogues, je ne bois que rarement, c'est fou non? Tout seul, comme ça, j'ai arrêté, sans même le vouloir. Ca doit être que je vieillis...

Tout ça n'est que palabre. Comme les cours, d'ailleurs, ça m'occupe beaucoup, mais parfois je me demande à quoi bon, réfléchir sur le passé, apprendre des choses sur des époques résolues, réflechir aux schémas inconscients de la politique actuelle, théorie et blablatiser le monde. A quoi ça nous mène? Ca n'a pas l'air de nous rendre collectivement plus intelligents, ça ne fais pas tourner le monde et ça ne remplit même pas les assiettes. Parfois c'est juste bon à s'étonner ou alors à faire la sieste. Ca fait tourner les méninges, peut-être que c'est une nouvelle forme de drogue, ça affecte et ça occupe le cerveau, ça le façonne, ça le fatigue, ça l'amuse, mais ça ne sert à rien.

Enfin bon, aujourd'hui je ne vois pas grand chose qui serve à quoi que ce soit, à part prendre une bonne douche pour se réchauffer.
Ecrit par Indrea, a 16:40 dans la rubrique Indrea.
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Vendredi (19/11/10)
Histoire(s)
Putain je me prends pour Polybe.
Les cours me retournent le cerveau. Trop de cours, trop de taf, trop de connaissances, d'idées et de concepts qui me survolent chaque jour. Toutes ces informations s'entremêlent joyeusement dans mon cerveau en un flou conceptuel. A un moment donné il faudra démêler la bobine... Parmi tout ce que je lis, tout ce que j'entends, tout ce à quoi je réfléchi, qu'est-ce que je retiens? Sans doute une infime partie, un ridicule poids chiche de compréhension qui se terre quelque part dans mon crâne en attendant que je l'exploite. Que je l'exploite le temps d'un partiel et que je me remette à l'oublier tranquillement.
J'ai déjà oublié tellement de choses de l'année dernière!! Les mécanismes de la mémoire sont tortueux. J'ai tout de même l'impression de mémoriser l'essentiel, c'est à dire les processus, les ambiances, les logiques : ce que j'ai compris d'une époque, imaginer comment les gens vivent, quels sont les enjeux, les rapports entre les hommes, tout ça, je m'en souviens pour longtemps, de façon immatérielle mais tenace. Je retiens des images, des impressions, mais pas des mots.

J'aime bien ce que je fais. Ca m'intéresse, même si ça m'épuise. J'aimerais pouvoir mettre mon cerveau en mode "pause" de temps en temps. Je suis plongée dans l'intellectualisme de ce monde d'historiens (et en science politique, je ne vous raconte pas, c'est la même en plus conceptuel, carrément abstrait). Cette ambiance je l'adopte chaque année un peu plus, j'ai plus de mal à être critique, à prendre du recul. Je comprends mieux les logiques, les intérêts, les enjeux, les règles tacites du monde universitaire, et je m'intègre au moule avec une certaine auto satisfaction. Tout ça est rudement bien rodé. Ca fait un peu peur quand même. Vu que je suis en double licence, j'ai eu l'occasion de percevoir les différences d'analyse des historiens, politistes et sociologues : chaque discipline a ses logiques, sa façon de concevoir le monde et son mode d'analyse des évènements. Faire cinq ans d'histoire amène à voir le monde avec des yeux d'historien. Alors si j'avais fait philo, je serais la même personne? Grands questionnements existentiels. Trop de fac, trop de cours, trop de tout, ça vous met les pensées en boîtes trouées.

D'ailleurs je fais preuve d'un sérieux époustouflant cette année. J'ai une capacité de dévolution au travail que je n'avais jamais eu auparavant. Le système fonctionne comme suit : deux semaines d'ébulition cérébrale à la bibliothèque, puis quatre jours de repos à la campagne. Ca fonctionne plutôt bien. Mais putain que je suis fatiguée. J'aimerais lâcher un peu du leste, j'ai l'impression d'être devenue si sérieuse que je suis incapable de prendre les choses à la légère.

Incroyable, mais vrai. Pourvu que ça dure encore un peu quand même.
Ecrit par Indrea, a 02:04 dans la rubrique Indrea.
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Mardi (09/11/10)
et non
Je ne suis pas enceinte.

Moultes soulagements.

Finalement, les 4 années de bons et loyaux services à Bayer m'ont tout de même suffisamment dénaturée. Bonheur et joie. J'y croyais ferme et apparemment il y avait de quoi. C'est une fichue bonne leçon, voilà tout. Toujours lire les notices. Toujours poser trop de questions. Voilà tout.

Quelques réflexions à ce sujet :

- Même en relativisant très fort, je crois que j'aurais très mal vécu un avortement.

- Avoir un corps, qui produit quelque chose. On a beau le savoir, ça reste quand même assez taré à conceptualiser. Une chose tellement lourde de conséquences...

- être enceinte de Florian. Notre bébé. Il fallait absolument éviter de voir les choses comme ça.

- non, je ne veux pas d'enfants, sincèrement, absolument pas, ni rationnellement ni même pas du tout. Mais putain il y avait quand même une petite voix qui disait "et si tu le gardais? Et si tu le gardais"? Une voix à qui hurler de se taire, de disparaitre, parce qu'elle ne pouvait être à l'origine que de souffrances. Je n'en voulais pas, je n'en veux pas. Mais putain la question se pose différemment dans ces cas là.

D'autre part, je me rends compte aujourd'hui que j'aurais eu beaucoup de mal à en parler autour de moi. Honte. Preuve que j'intériorise un taboo, des relans catho-bourgeois... Ou peut-être alors que c'est comme pour tout, j'évite à tout prix de parler à mes proches de ce qui ne va pas, de ce que je n'assume pas. Ca changera peut-être un jour?

Rien qu'à la façon qu'à eu ma gyneco de me parler aujourd'hui "oui, continuez votre plaquette de pilule, et ne l'oubliez pas surtout, hein?". J'ai l'impression détestable d'être tout à coup considérée comme irresponsable.
Putain, j'ai toujours fais gaffe, j'ai toujours été sérieuse, j'ai jamais déconné avec ça, alors foutez moi la paix! C'est juste une erreur, une erreur toute bête, mais si grave! Et elle le sait en plus. Mais non, quand on avorte, on devient une fille facile, perdue et irresponsable.

D'ailleurs, ce n'est pas l'image cliché que vous auriez en tête?
Ecrit par Indrea, a 21:47 dans la rubrique Indrea.
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Lundi (08/11/10)
allez, je m'y remets
Allez, je crois qu'il va être temps de se remettre à écrire. Purger un peu tout ce qui s'amasse.

Je suis joyeuse, sauf en ce moment.
Je n'ai pas de soucis, sauf en ce moment.
Tout va bien, tout va bien se passer, sauf en ce moment.

"appelez nous demain, 15h, pour les résultats de votre analyse". Je vous donne la réponse demain soir, ou peut-être que si je ne vous la donne pas c'est que je serais allée me saouler la gueule. Fêter mon soulagement ou noyer mon foetus.

Normalement ce sont des choses qui n'arrivent qu'aux autres. Pas à moi. Je ne suis pas de ces gens là, penses-tu.

La pluie s'abat sur moi avec autant de violence que la notice de ma pilule. Comment après 4 ans de fidélité à notre cher ami BAYER (lobby pharmaceutique qui, pour la petite histoire, a participé au développement des gaz des camps de concentration, et qui fait actuellement des insecticides, des pilules et un tiers des médicaments qu'on ingurgite) comment ai-je donc pu me dire que je n'allais pas prendre la peine de lire la notice de cette nouvelle pilule?

Faites moi disparaitre. Me réduire à l'état de néant dans lequel je vais sans doute bientôt plonger cette chose potentiellement en développement dans mon ventre.

Prions le seigneur. Seigneur, faites que je ne sois pas enceinte, faites que marie mère de Dieu parmi tous les saints n'ait pas décidé d'abattre sur moi la malédiction d'Eve et de toutes les femmes à travers elle. Seigneur, comprend l'obligation dans laquelle tu me mettrais de rejoindre Satan dans ses projets les plus abjects, ais pitié de mon âme de pauvre pêcheuse. Amen

Et dire qu'il y a deux jours j'étais dans une manif pour les droits à l'avortement. Je projette d'étrangler le prochain catho-facho-anti-avortement que je croise. L'étranger ou lui enfoncer un rateau là où je pense.

Grossièreté à part, je m'arrête ici pour aujourd'hui car toutes les pensées qui me viennent à l'esprit sont profondément absurdes. Penser rationnellement, dans l'attente, se révèle complètement impossible.

Retournons donc à l'histoire moderne. Savez vous que quand on a débarqué en Amérique, près de 90% de la population amérindienne est morte du "choc microbien"? Ils n'ont jamais été en contact avec nos maladies et en avaient eux même assez peu car ils vivaient dans un environnement beaucoup plus salubre en raison de l'absence d'élevages. Les premiers explorateurs qui sont revenus dans des villes de 3 000 personnes qu'ils avaient découvert dix ans auparavant ont été tout étonnés de ne plus retrouver qu'une trentaine de personnes. C'est fou non ?
Ecrit par Indrea, a 18:27 dans la rubrique Indrea.
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le blouz
Le blouz. La pluie, incessante, depuis deux jours, qui me correspond, ou qui peut-être m'influence.

Politiquement déprimée. Le monde est laid. L'homme est mauvais. Indifférent, au pire.
Que sommes nous alors? Une élite éclairée? Une étincelle, qui est sensée allumer le brasier? Ramassis de connerie. Qu'est-ce qui nous permet d'affirmer qu'on a raison, et que tous les autres ont tord? On est moins cons que les autres? Quelle prétention stupide peut nous permettre de baser tout notre comportement sur la croyance en notre légitimité?

Se battre, contre le vent. Pour un éternel échec. Un monde qui ne fait que régresser, dans une chute irréversible. S'il n'y avait que les réformes sociales, on pourrait toujours revenir en arrière. Mais la déstructuration des coutumes traditionnelles, la mise en place du système monétaire et du salariat, partout, partout, c'est irréversible.
La mort des espèces, les dégâts écologiques, c'est irréversible.
La création d'outils de manipulation de masse, d'outils de surveillance des individus, de contrôle des foules, nous rendra la tâche toujours plus difficile, peut-être bientôt impossible.

Il est trop tard. Et on ne fait pas demi tour, on fonce dedans. Et avec le sourire.

Et mon soleil est noir, et j'ai le désespoir.

A quoi bon lutter, à quoi bon échouer en permanence. On ne sert à rien. Individuellement, je ne sers à rien, à part me désespérer un peu plus à chaque veine tentative de mouvement collectif vers le néant.
Comment continuer à vivre, avec la certitude que tout ce qui nous entoure est pourri jusqu'à la moelle, qu'aucune institution, aucune organisation ne permette d'espérer le moindre changement d'importance?

Arrêter de réfléchir. Se ranger, vivre, travailler dans une administration locale, avoir l'illusion de servir à quelque chose dans un projet quelconque, faire des enfants, boire des coups, se saouler, se saouler encore et encore jusqu'à l'anéantissement final.
Ou continuer à militer, garder espoir malgré le désespoir, convaincre les convaincus, gratter la croute du fromage, mourir dans la cause.
Un mélange des deux, sans doute.

Just a brick in the wall. Comment ne pas en être une?

Tout optimisme est mort en moi.
Ecrit par Indrea, a 00:56 dans la rubrique Indrea.
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Vendredi (25/09/09)
Parlons plutôt de Flo
Eh oui, je n'arrête pas de parler de Clem, alors qu'au final il est déjà très loin de mes pensées. Je ne pense quasiment plus à lui au quotidien. Par contre, c'est clair que j'ai encore des choses à régler, à mettre à plat dans ma tête, certaines pages à tourner, et c'est pour ça que je parle autant de lui ici. Mais je sais que plus tard, j'aurais aussi envie d'avoir des traces de ce que je vis avec Flo en ce moment, et ça sert aussi à ça un blog. En plus de ça, je suis tellement à fond dans cette histoire que j'ai beaucoup de mal à prendre du recul. Surtout que je n'en vois pas la nécessité.

Aujourd'hui je lui ai parlé de ce que j'ai écris hier, ce que j'ai envoyé à Clem. Alors on a à nouveau parlé assez longtemps de tout ça, et au bout d'un moment il m'a dit quelque chose qui m'a beaucoup étonné : "ça m'est assez insupportable de t'entendre parler de ça. Imaginer la souffrance que tu as enduré, c'est dur". Et j'ai réalisé qu'il le pense sincèrement et qu'il l'a toujours pensé. L'idée qu'on puisse me faire du mal (en l'occurence, qu'on m'en ai fait) le fait souffrir, lui.

Honnêtement, c'est quelqu'un d'extraordinaire. D'ailleurs je n'ai encore rencontré personne qui pense le contraire. J'ai toujours pensé, depuis que je l'ai rencontré, que c'était quelqu'un d'exceptionnellement humain, dans sa façon de vivre comme dans sa façon de penser. Je l'ai tout de suite considéré comme l'homme idéal, je veux dire, l'homme idéal pour moi, mais aussi dans l'absolu. Bien sûr, j'ai toujours pris des pincettes par rapport à cette sensation, parce qu'évidemment, personne n'est parfait. Mais je campe sur mes positions : si je lui ai découvert un côté bouguon et impatient, et qu'il est peut-être un peu trop fier (et encore, dans quelles proportions par rapport à la moyenne masculine...), si il peut être impulsif et complètement désorgannisé dans la vie pratique comme dans ses motivations, rien, absolument rien en 6 mois n'a pu me faire changer d'avis sur le constat de départ : c'est une perle rare.

Je sais que ce n'est pas raisonnable de penser ça, mais je le pense tellement fort que je ne vais pas me persuader du contraire. Et même en le voulant très fort, je ne trouve aucun argument pour le faire.

Evidemment, c'est quelqu'un qui a aussi des faiblesses. Il n'a pas toujours le moral. Et ça me fait très peur, d'ailleurs. Il peut flancher, il peut entrer en dépression, ne plus avoir envie de rien, être dégoûté de tout. Je le sais, parce qu'on en a parlé, et je le sens de toute façon. Mais je sais aussi que je suis un excellent remède à ces chutes de moral. Là aussi, je le sais, et je le sens. Dans les prochains mois, il ne risque pas de tomber bien bas, parce que je suis là et que j'ai une capacité étonnante à le remettre de bonne humeur (à comprendre : moi aussi, ça m'étonne énormément). Et parce que quoi qu'il arrive, je fournis une potentielle bonne raison de vivre.
C'est là aussi quelque chose de formidable : je trouve enfin beaucoup de reconnaissance avec lui. Il tiens énormément à moi et il me le montre. Je sais ce que je lui apporte, et j'en suis tellement heureuse. J'ai envie qu'il soit bien, qu'il aille bien, même si il doit être loin de moi. Et si demain je ne devais plus jamais le voir, je lui souhaiterais avec sincérité de vivre une vie splendide parce que c'est vraiment ce qu'il mérite.

En fait je sais pourquoi je n'écris pas tant sur Flo. Parce que j'ai vite l'impression d'écrire un ramassi de niaiseries. Mais putain, qu'est-ce que je peux dire?

Je ne raconte pas beaucoup autour de moi tout ce que j'écris ici. Parce que je sais que ce n'est pas réconfortant à entendre pour les autres. Je veux dire : on est très heureux que nos amis aillent bien, la plupart du temps on leur souhaite très sincèrement, mais on a pas forcément envie d'en entendre parler avec trop de détails. Je pense surtout aux célibataires, en fait, ou même aux couples qui vont moins bien. Dans les deux cas, les gens se braquent sur l'idée de perfection ou d'idéal, comme si tout ne pouvait pas bien aller dans le meilleur des mondes. Et bien si.

Alors je m'efforce d'énumérer les hics, histoire de vous remettre dans la réalité de ce que je vis : alors, déjà, il n'est pas toujours disponible pour moi. C'est un solitaire, à la base. Il a besoin de moments de tranquillité et c'est quelque chose que j'ai de plus en plus de facilité à accepter. Ensuite, il n'est pas toujours joignable pour moi, il ne prend pas toujours la peine de beaucoup m'appeller ou m'envoyer de textos quand on est pas ensemble, mais je trouve ça relativement sain car ce n'est pas un manque d'attention mais un détachement suffisant (que je n'ai pas). Quoi d'autre. J'ai déjà dit que c'était quelqu'un de dramatiquement désorgannisé mais ça n'affecte pas particulièrement notre relation (je lui sers occasionnellement de cerveau, mais c'est de bon coeur). Ceratines filles le trouveraient peut-être trop cérébral. Trop sentimental peut-être aussi. Mais bon. Voilà quoi.

Bon vu que parler de Flo est un échec vu que ça aboutit à un discours stéréotypé de jeune fille amoureuse qui croit encore naïvement à la perfection, je vais plutôt parler de moi, vis à vis de Flo.

Et bien... ca va! Non sérieux, je suis moins stressée qu'avant. En regardant Secret Story aujourd'hui (tout arrive), j'ai entendu un type expliquer qu'il préfère les filles plus agées, parce que quand on leur dit 'ce soir j'ai envie d'être tranquille' elles disent 'ok chéri à demain' alors que celles de 18 ans vont remettre toute la relation en question et se demander pourquoi il n'a pas envie de la voir. C'est criant de vérité. Ce connard de soi-disant beau gosse à lunettes de soleil d'une émission téléréalité dans la fleur de la stupidité m'a retourné la tête en 2 phrases, et m'a mis face à une réalité : je suis très jeune. Grande ado, très jeune adulte. 20 piges. Et c'est vrai aussi que ma différence d'age avec Flo (4 ans), si je ne la ressens pas du tout au quotidien, existe est a des conséquences certaines. Donc ce que ce mec de Secret Story m'a appris, c'est que la façon que j'ai de me prendre la tête par rapport à certaines choses est une conséquence banale et inévitable de la condition de fille encore très jeune pour une belle histoire d'amour.
L'idée est assez détestable mais je suis prête à l'accepter, d'autant plus qu'elle m'aide à prendre beaucoup de recul par rapport à mes angoisses : je n'ai plus à avoir peur de grand chose. Et d'ailleurs depuis que Flo est rentré de son voyage, je suis très sereine. J'ai tout le temps envie de le voir, mais j'apprécie aussi d'être seule, ou de passer des soirées avec des potes sans lui.

Sinon, j'ai beau le mettre sur un pied d'estal, le trouver parfait, milles fois plus parfait que moi, plus beau, plus intelligent, plus intéressant, plus gentil, etc, je sais aussi qu'il n'en a pas vraiment conscience. Et que pour lui, je suis une perle rare aussi. Je ne suis pas encore sûre d'avoir vraiment compris pourquoi, mais cette certitude est suffisante pour que je ne m'inquiète pas trop pour ça.

J'ai surtout peur qu'il disparaisse par une trappe mystérieuse. Qu'il lui arrive quelque chose, je ne sais pas. Ca c'est vraiment une phobie, parce que c'est éternellement possible.

En attendant, rien à signaler. Ah si, à partir de demain il va venir passer 6 semaines chez moi parce que sa mère revient en France et va habiter chez lui. J'ai un tout petit peu peur, parce que jusqu'à là on savait qu'on se voyait parce qu'on en avait envie tous les deux, alors que ça on se verra quoi qu'il arrive. Mais bon. Je pense que ça va très bien se passer, il n'y a pas de raisons, on passe le plus clair de notre temps ensemble de toute façon. Et je suis bien résolu à lui laisser du temps seul et à en passer de mon côté. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus sain, en fait, quand j'y réfléchis de manière logique, mais dans les faits, je suis vraiment contente d'avoir l'occasion de vivre avec lui. 6 semaines où je l'aurais à mes côtés tous les soirs. Je ne peux pas m'empêcher de considérer ça comme une récompense pour les 6 semaines que j'ai (bravement) enduré loin de lui.
Ecrit par Indrea, a 04:10 dans la rubrique Indrea.
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Jeudi (24/09/09)
vomitoire
--> n'est pas fait pour être lu.
- Céline : Octobre 06?
Jamais vraiment su quoi, comment, combien de temps, combien de fois. A existé avant, a cessé d'exister à un moment donné. Céline = Sale Konne? Sur des doutes, j'ai surveillé ses textos. "Je sors des cours". Téléphone avec une tache noire, la moitié de chaque texto est illisible.Céline = celle qui a dormi une fois avec lui? (sa mère : "ah c'est marrant, hier c'était une brune!". Il ne comptait pas me le cacher, et m'a juré de son bain qu'il ne s'était rien passé). Pourquoi est-ce que ça doit uniquement être Céline, tout ça? Et c'est qui c'est putain de Céline d'ailleurs? Celle des champis, avec la tache de naissance qui a dit au revoir un jour? Chez qui il y avait thé et couscous avec les parents? Ou je délire? Ah et il y a une autre Céline, mais j'y reviendrais plus tard, j'imagine. On va essayer de garder une chronologie cohérante.

- Delphine : Decembre 06 ????
Là, ya du dossier. Aurais-je le courage de publier cet article. Alors, sa première copine avec qui il a toujours gardé contact. Passe la soirée chez elle, amène l'ordi. Reviens peut-être le soir. Repas avec Jess annulé. Fausse excuse : anniv du père. Mentir à ses potes, juste par espoir de le voir. [Ou peut-être pour pouvoir être bien sûre qu'il n'allait pas rentrer de la nuit? En avoir le coeur net]. Joint avec Ivan et David. Malêtre. Le lendemain, simpsons. 17h. Attente. La pire attente. Retour. Explications sur le chemin vers chez Jérome [quel hasard...]. Véritée donnée plutôt gentiment. "Dommage que tu n'étais pas là, vous vous seriez bien entendues toutes les deux" "la meuf chez qui j'étais était tellement bourrée qu'à un moment elle a vomi c'était marrant" "vous vous ressemblez un peu, mais elle, c'est une fausse blonde. Et elle a des beaucoup plus petits seins que toi" [BIM] "tu la rencontreras un jour".

Deux semaines, deux ou trois escapades chez elle. Encore une tentative de ma part de l'attendre chez lui au cas ou il rentre, en vain, évidemment. Et pendant ce temps, quoi? Je ne sais plus. Il était probablement rassurant. Et il m'a certainement fait part de ses fantasmes. Mais dans ma tête, quoi? Le début du cahos, j'imagine.

Et puis il y a eu cette soirée, les tazs, le passage chez Jérome, la nuit. Mais avant sa, ma terrible erreur. La seule, la vraie erreur de toute cette histoire. Accepter. Accepter qu'elle reste. Prendre cette décision incongrue et si regrettable. J'ai reproduis cette erreur en miniature une bonne année plus tard qu'en j'en ai parlé à Lisa. Le lien indubitable entre ces deux erreurs est : le taz. A vomir. Envie de résoudre tous les problèmes, de le combler, de faire ce qu'il a envie. Aucune envie personnelle de me retrouver dans cette situation. Et j'ai déjà raconté, et cette page a beau être un vomitoire, je vais m'éviter le pire. Parce qu'en tant que pire, il a déjà trop été évoqué. Alors, zappons, passons au lendemain. Les larmes. Le dîner familial. Elle était encore là, quand je l'ai appelé. Le fond. Le fond du fond de la perte de soi. Je ne crois pas qu'il y ait eu "d'après". Peut-être parce que Jérome est intervenu dans l'histoire. Si je racontais cette histoire à leur gamin...

- L'inconnue : Janvier 07 ????? Le mensonge, au final. C'est tout ce que je sais mais ça a été une preuve suffisante. Chez lui. Il doit partir travailler. Il me dit de ne pas rester là, de sortir un peu. Me force, en quelques sortes. Je lui dis que dans ce cas, on part ensemble. Il veut prendre le bus. Gros doutes. Je vais chez Chris quand même. Un peu plus tard, je l'appelle : il ne répond pas. Je l'appelle en numéro privé : ivan répond. Me passe Clem. "J'ai oublié mon pentalon, je suis rentré le récupérer". Mensonge incrédible. Tu m'as vraiment pris pour une pauvre conne? Bizarrement, je n'ai pas cherché à creuser. Ce soir là, je suis allée chez Lisa père pour la première fois, avec Chris, pour une petite soirée où Léopoldo nous a filé du speed en cuisinant une soupe à l'oignon et des steaks à l'échalotte. Chris veut rentrer en dernier métro, veut que je rentre avec lui. Battements de coeur. Je lui dis "si je rentre avec toi, on couche ensemble?" cash. Cash la pistache. Il est devenu rouge, rouge, rouge. Et il y dit en anglais "euh... yeah ok". Le métro était un peu awkward, mais ça allait : c'est chris. On est allé chez lui, on a couché ensemble. C'était bizarre. Pas terrible, à cause du speed sans doute. Je n'ai pas fermé l'oeil. Le lendemain, dévastée. Clem insiste longuement pour que je vienne avec eux au resto, je ne veux pas, je suis mal, c'est une des premières fois que je ne cours pas le rejoindre, mais il a toujours le dernier mot, il insiste, j'y vais. Léon de Bruxelles. Mangé une salade, on m'a offert un thé. Trop mal. Clem raide bourré, raide relou. Pourquoi je suis venue? Pleurer toute la nuit. Envie de mourrir. (pas de regret vis à vis de l'épisode avec Chris)

- Pauline : Juin 06.
Je reviens d'un week-end familial. Il m'apprend qu'une fille de son taf à Macdo vient dormir avec lui. Me rassure suffisemment pour que je sois sûre de ses intentions. Soirée chez Guillaume père. Baignoire amusante. Coïncidence amusante, Chris est là, et cette fois c'est lui qui me propose de venir chez lui. Je vais au toilette, le coeur qui bat à fond. J'y vais? J'y vais pas? Je fais quoi? Soyons fous. Double infidélité par hasard en une seule nuit. Tant qu'à faire, autant avoir une part de responsabilité. Je suis allée chez lui, j'ai couché avec lui, c'était très très chouette. Arc de triomphe du balcon, à poil.
Il y en a encore, des choses à vomir. Je pourrais passer la nuit à vomir cet article tellement il y en a. Pauline, grosse, conne. Grosse conne. Gros connard, surtout. Avec une fille facile et stupide. Bordel de merde mais qu'avais tu dans la tête de ma la faire rencontrer? A quel point avais-tu besoin de m'humilier pour la faire venir à des soirées, pour flirter avec elle devant moi, devant les autres? Jamais rien n'effacera ces moments là de ma mémoire. Le moment où tu es parti avec elle dehors pour baiser après la soirée, "dors ma belle", tu m'as dit en m'embrassant, le moment où j'ai lu tes textos sur son téléphone, et l'attente,attendre des heures, savoir que vous étiez entrain de baiser pas très loin. Et devoir éternellement être gentille avec cette pouffiasse (non je ne dis pas ça parce que je lui en veux, c'est juste que c'est vraiment une grosse conne cette meuf. Par exemple je ne dirais jamais une chose pareille de Delphine). Passer des soirées, mais quelle idée! Mais quelle idée. Mais quel connard. Tiens, j'en ai une autre dans le même registre.

- Nom oublié, août 07. J'arrive tout juste de Paris. Deux semaines que je n'ai pas vu Clem. Ils ont rencontré un groupe de filles sur la plage qu'ils ont invité à prendre l'apéro. Tout va bien quand on ne sait pas qu'il m'avait demandé dans l'aprem si je ne pouvais pas décaler mon billet (ou quelque chose comme ça, je ne sais plus bien). Il a passé la soirée à draguer ouvertement une petite meuf aux cheveux courts qui était elle même horriblement gênée de la situation vis à vis de moi. Ca a été la soirée la plus humiliantes de toute mon existence. Tout le monde voyait devant lui Clem entrain de draguer une nana devant moi, tout le monde voyait à quel point j'étais mal, et à quel point il s'en contre-tapais. Quentin, Fatah, John, les filles. D'ailleurs Clem a finit par rester avec moi quand les autres allaient sur la plage, soit parce qu'il a finit par céder, soit parce qu'il était trop bourré de toute façon, soit parce que quelqu'un lui a dit clairement de le faire. Va savoir.

- Inconnue(s?) , Décembre/Mars 08. Jamais rien su à ce sujet, à pars qu'il se bourrait la gueule et qu'il ne m'appellait pas deux soirs sur trois. La seule preuve formelle, c'est une photo que son frère lui a malencontreusement envoyé où il a une grosse meuf toute moche sur les genoux. Encore une fois, faut pas me prendre pour une conne. Je ne sais pas si c'était la seule, j'imagine que non. Surtout après la reflexion de la tortue (ton collegue serveur) qui m'a demandé un jour "et toi, j'espère que tu profites, aussi, quand tu es à Paris?" formulé d'une telle manière que je savais très bien de quoi il parlait, et que le mot AUSSI était lourd d'un sens terrible.
Un soir, chez le père de lisa, Clem m'appelle et me dit clairement qu'il est libre, qu'il fait ce qu'il veut, qu'il considère que pendant qu'il est en saison on est pas un couple et que ça sera beaucoup mieux pour moi aussi si je vois les choses comme ça. Je me suis bourrée la gueule et j'ai fini par ramener un nounours pierre-fiteux aux cheveux longs chez moi (je l'ai abordé cash celui-la aussi). C'était chouette, d'ailleurs j'ai voulu le revoir par la suite mais il n'a pas voulu.

- Cindy, Août 08. meuf en soutif sur la webcam. J'en ai encore des traces sur mon ordinateur, comme beaucoup d'autres discussions msn que je n'aurais jamais du voir. Mon propre ordinateur. Encore aujourd'hui. Je pourrais même faire un petit copié collé, mais à quoi bon. Bref, une meuf en soutif. Par contre la trique que ça a provoqué à servi à me baiser, moi. Pas d'infidélité majeure à déclarer, j'imagine.

- Céline, Janvier 09. Tu aurais du y aller. Tu aurais du partir en vacances la voir. J'avais très peur que tu le fasses, mais assez envie au final. Car ce que je t'ai dis, j'y croyais : "si tu y vas, tu ne reviens pas". Ca a été un point de rupture. Le moment où j'ai compris que c'était fini. Au fond de moi, j'ai enfin compris que je n'avais rien à foutre avec un connard pareil, grossier, prétentieux, méchant. Tu n'es pas parti. J'ai aussi compris que tu tenais à moi. Que je n'avais pas besoin de t'obéir et de tout faire à ta convenance pour te garder. C'est à partir de ce moment là que je n'ai plus voulu de toi. Même si ça a duré plusieurs mois, je cherchais un moyen de m'en sortir, parce que c'est tres tres dur de quitter une histoire si longue et si pleine. Je n'avais pas assez de volonté, parce que le train train était confortable. Trop confortable pour durer.

Alors j'ai voulu que tu partes en saison, je l'ai espéré de toutes mes forces. Et quand j'ai rencontré Flo, j'ai foncé.

Que j'ai eu raison.

Je regrette de ne pas avoir eu la force de te quitter de moi-même. Mais tu n'imagines pas la culpabilité que j'ai ressenti quand je t'ai quitté. Maintenant, j'en suis contente, et j'aurais même voulu te faire souffrir bien plus. Pour compenser.
Je regrette aussi beaucoup d'avoir lu tes textos à plusieurs reprises, et enregistré tes conversations msn. Je me rends compte aujourd'hui que fouiller dans les affaires des autres est quelque chose qui m'est insupportable. Et ça l'était à l'époque. Simplement, il fallait que je sache. Je ne pouvais pas vivre avec le doute.

Ah et puis évidemment il y a des tas de choses dont je n'ai jamais du être au courant, c'est obligatoire. Et puis il y a aussi beaucoup de choses moins importantes mais tout aussi blessantes : des moments où il me parlait des filles qui passait dans la rue, des moments où face à ses potes ou aux mien il faisait comprendre devant moi qu'il était infidèle ou aimerait l'être, des moments où il me harcelait pour que je lui "présente une copine", des moments à vomir. Des reflexions, tous les jours, sur des tas de choses qui aboutissaient à la même chose : j'aimerais baiser par ci ou par là, et je n'ai aucun problème à te le montrer.

Bien sûr ce que tu vas retenir de ce mail, c'est que je t'ai trompé 3 fois. 3 fois. Et dans quelles circonstances à chaque fois. Par desespoir. Et il a toujours été inimaginable de te le dire. Evidemment. Ca n'aurait fait qu'empirer les choses, te donner une justification pour me faire encore plus de mal. Et puis je n'aurais pas aimé te le dire, parce que je n'aurais pas voulu te faire de mal. Et que contrairement à toi je ne suis pas fière de mes conquètes. Les 3 fois m'ont simplement confirmées à quel point j'étais mal et à quel point je tenais à toi.

D'ailleurs, si tu es le pire des connards à mes yeux, ce n'est pas pour m'avoir trompé. C'est pour m'avoir humilié, constamment. M'avoir mis à tes pieds. Ne jamais t'être mis à ta place. Tu n'imagines pas à quel point je t'emmerde.

Sans rancunes.

ps : à la base c'était un vomitoire et au fur à mesure de l'écriture j'ai décidé de te l'envoyer, comme tu as pu le remarquer dans nos dernières discussion je ressens une envie incroyable de te cracher à la gueule des tas de chose. Alors autant le faire une bonne fois pour toute. Bravo si tu as lu jusque là.
Ecrit par Indrea, a 00:58 dans la rubrique Indrea.
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Samedi (05/09/09)
He's back
Le voilà enfin de retour. Ca fait presque 3 jours que j'étais avec lui non stop, et ça m'a fait un bien fou. Nos retrouvailles ont été très émouvantes et très heureuses. Cette séparation n'a fait que renforcer nos sentiments et je trouve ça merveilleux. C'est vraiment chouette, cette histoire d'amour.

Par contre, ce qui est vraiment dur, c'est qu'il sort d'une expérience réellement traumatisante. Quand il en parle au téléphone ou à ses amis j'ai simplement les larmes qui montent aux yeux. Dans une prison à Bareïn, une des pires dictatures des émirats arabes. Des conditions d'hygiène monstrueuses (larves, insectes, saleté partout, moisissure), ne sachant pas ce qui lui arrivait, jamais informé de combien de temps il allait rester. Il était malade et on ne lui a jamais fait venir de médecin. Le premier soir, il était enfermé avec un héroïnoman en sevrage forcé qui avait des spasmes et vomissait partout. Ensuite, il a vu des gens à qui on venait juste de couper un orteil, d'autre en sang à cause de coups de fouets, un homme pendu par les pieds devant lui, et tous, prostrés, repliés sur eux-mêmes, traumatisés. Lui a eu de la chance d'être français et d'être là pour seulement quelques graines : il a seulement eu des coups de tazzer et électrochocs. Mais l'enfermement, trois jours, en mangeant à peine un repas par jours, sans pouvoir boire de la journée (ramadan oblige). Même quand il pouvait boire, l'eau n'était pas potable. Mais je crois que le choc psycologique est le pire : personne ne répondait à ses questions, il ne savait pas combien de temps il allait rester, il n'avait rien à faire, enfermé toute la journée dans une cellule crasseuse avec aucun moyen de s'occuper. Si il restait plus de trois jours, il savait qu'on allait lui raser la tête (il a les cheveux longs). Et bien sûr, pendant des heures le premier jour, il savait que j'étais entrain d'aller le chercher à l'aéroport et que je serais morte d'inquiétude. Le sentiment d'impuissance a dû être monstrueux.

C'est quelqu'un de fort et il s'en sort bien. Il a le moral, mais je sais qu'il a été profondément marqué par cette triste expérience. Il arrive qu'il se perde dans des pensées très sombres, je sais qu'il dort mal. Je ressens une telle tristesse et une telle compassion par rapport à tout ça que ça me mine aussi. Il ne méritait pas de vivre une chose pareille. Personne ne mérite ça. Et d'ailleurs je sais qu'il ne peut s'empêcher de penser à tous les prisonniers qui sont encore là bas, en particulier certains qu'il a rencontré et qui l'ont beaucoup aidé moralement. Je sais aussi qu'il ne sortira pas indemne. C'est impossible.

Alors je passe beaucoup de temps avec lui, je consacre toute mon énergie à m'occuper de lui, et personnellement je vis bien le truc. J'ai le bon rôle dans l'histoire parce que je sais que je lui fais du bien, et que ça ne menace en rien notre amour. Donc, ça va. C'est juste un peu dur de savoir toutes les pensées noires qu'il a dans la tête. Imaginer la souffrance qu'il a vécue me rend infiniment triste. Et révoltée. Et puis j'ai peur qu'il passe par une période de dépression a un moment ou à un autre, j'en ai très très peur. Mais j'imagine que même si c'est le cas, je serai là pour lui et ça se passera bien.
Ecrit par Indrea, a 20:44 dans la rubrique Indrea.
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